Un pays de coteaux, entre Saône et monts
On n’y vit pas de la même façon en bas, au bord de l’eau, et en haut, sur les buttes. Anse ouvre le pays : la rivière, la grande route, la voie ferrée qui longe la Saône et met Lyon à portée d’un trajet quotidien. Juste au-dessus, Pommiers regarde la plaine depuis son coteau, et le paysage bascule déjà dans la vigne. À l’est, Lucenay tient cette bande de plaine où les maisons neuves se sont ajoutées aux fermes sans que le bourg change vraiment de taille.
En remontant l’Azergues, l’ambiance change encore. Ambérieux-d’Azergues marque l’entrée de la vallée. Chazay-d’Azergues garde son vieux bourg serré au-dessus de la rivière, avec tout autour des familles dont une bonne moitié descend travailler sur Lyon chaque matin. Plus haut, Châtillon-d’Azergues étire ses hameaux sur le versant. Marcy-sur-Anse, sur sa hauteur, appartient à ce monde-là : un petit bourg d’où l’on voit loin, et où l’on se connaît.
Vers l’ouest commence le vrai pays de la pierre ocre. Le Bois-d’Oingt fait office de centre pour tout l’arrière-pays, avec ses commerces et ses rendez-vous. Oingt, perchée sur sa butte, voit passer les visiteurs dès les beaux jours, puis se referme l’hiver. Theizé accroche ses parcelles de vigne au coteau, entre deux hameaux. Ce sont des communes où l’on fait vite quinze kilomètres pour une course, et où trois quarts d’heure de route jusqu’à Lyon ne surprennent personne.
La terre n’est jamais seulement une affaire d’argent
Dans ce secteur, beaucoup d’exploitations sont passées de père en fils, parfois sur quatre ou cinq générations. Ce n’est pas un patrimoine ordinaire : c’est le travail d’un grand-père, une parcelle qu’il a plantée lui-même, une cave qu’un oncle a creusée. Quand vient le moment du partage, le notaire règle des surfaces et des parts, mais il ne règle pas ce qui se joue en dessous.
C’est là que les appels commencent. Un frère qui reprend le domaine et une sœur qui se sent effacée. Un enfant qui est resté et un autre qui est parti à la ville, et qui revient avec des exigences. Un conjoint qui n’est pas du pays et que la famille n’a jamais vraiment accepté. Les mots sont dits une fois, puis on ne se parle plus, et cela dure des années. On m’appelle rarement au moment de la dispute : on m’appelle quand elle s’est installée et qu’elle a commencé à peser sur la santé, sur le sommeil, sur le couple de celui qui reste.
Ce qui se transmet avec une parcelle, ce n’est pas seulement la parcelle.
Une année qui tourne mal, puis une autre
L’autre motif, c’est le domaine qui s’enfonce. Une vendange qui ne donne pas ce qu’elle devait donner, une cuve perdue, un client qui ne règle plus, une banque qui resserre. Ce qui inquiète, c’est la répétition : l’impression que tout ce qui est entrepris se retourne, que les acheteurs se détournent sans raison claire, que le matériel casse toujours au pire moment, que l’on travaille autant qu’avant pour beaucoup moins.
Je ne remplace ni un comptable, ni un conseiller agricole, ni le temps qu’il fait. Quand quelqu’un m’expose ce genre de situation, je commence par écouter ce qui a changé et à quel moment : une reprise, un décès, une brouille, l’arrivée ou le départ de quelqu’un. Il arrive que l’origine soit ailleurs que là où on la cherche.
Le voisinage qui commente
Dans un village, tout se voit. Une maison qu’on agrandit, une parcelle qu’on rachète, une voiture neuve devant le hangar, un fils qui réussit : cela se remarque et cela se commente, au café, à la sortie de l’école, entre deux rangs. La plupart du temps cela s’arrête là. Parfois non. Des gens viennent me voir parce qu’ils sentent que quelque chose s’est déposé sur leur maison ou sur un bout de terre, qu’un regard insistant a laissé une trace, que depuis une histoire de bornage ou de chemin d’accès plus rien ne va chez eux.
Je ne cherche pas à désigner un coupable, et je ne le fais jamais. Nommer un voisin dans un bourg où tout le monde se connaît, ce serait mettre le feu à une situation déjà difficile. Ce que je regarde, c’est ce qui pèse et ce qu’il est possible de dénouer, en protection ou en travail de fond, sans que personne d’autre ait à être mis en cause.
Les appels de l’hiver
Il y a une saison pour ces demandes, et c’est la mauvaise. L’été, on n’a pas le temps : les travaux, les visiteurs, la saison. L’hiver, les journées sont courtes, la vigne est taillée, la maison est calme, et l’on se met à repasser les choses dans sa tête. C’est là que le téléphone sonne, souvent tard, souvent depuis la voiture ou depuis dehors pour ne pas être entendu.
Ce que l’on me demande à ce moment de l’année ressemble beaucoup d’un appel à l’autre :
- renouer avec un frère ou une sœur après une succession qui a tout coupé ;
- comprendre pourquoi un domaine ou un commerce s’est mis à reculer alors que rien n’a changé dans la façon de travailler ;
- faire lever ce qui pèse sur une maison, une cave ou une parcelle depuis un conflit de voisinage ;
- protéger une exploitation et la famille qui vit dessus avant une reprise ou une installation ;
- retrouver le calme dans un couple usé par les dettes, les horaires et la présence permanente de la belle-famille ;
- savoir si une décision qui engage plusieurs années est prise au bon moment.
Se voir sans que cela se sache
C’est la question qui revient le plus souvent dans ces communes, et elle est légitime : on ne pousse pas la porte d’un praticien à trois rues de chez soi quand la moitié du bourg connaît votre nom de famille. La distance est ici un avantage. Lyon est assez loin pour que personne ne vous croise, et assez près pour que le déplacement tienne dans une matinée.
Trois façons de procéder, selon ce qui est le plus simple pour vous :
- au cabinet de Lyon, sur rendez-vous : on descend par la Saône depuis Anse ou Lucenay, ou par la vallée depuis Chazay-d’Azergues et Ambérieux-d’Azergues ;
- chez vous, si la situation le demande et si le déplacement est difficile — cela arrive pour les hameaux de Theizé, de Châtillon-d’Azergues ou de Marcy-sur-Anse, et pour les personnes âgées ;
- entièrement à distance, par téléphone, quand on préfère que rien ne soit visible : c’est le cas de la majorité des demandes qui viennent d’Oingt, de Pommiers ou du Bois-d’Oingt.
Ce que je fais, et dans quel ordre
Je préfère annoncer le déroulement avant que l’on commence, pour que personne ne s’engage sans savoir.
- Un premier échange, gratuit et sans engagement : vous exposez la situation, je pose des questions, et vous raccrochez libre de ne pas donner suite.
- L’étude du cas : d’où vient le blocage, ce qui peut être entrepris et ce qui ne le peut pas. Le tarif est annoncé à ce moment-là, avant tout engagement.
- Le rendez-vous, au cabinet de Lyon, à votre domicile si la situation le demande, ou entièrement à distance.
- Le travail traditionnel, engagé seulement après votre accord, puis des points réguliers jusqu’à ce que les choses évoluent.
Les délais et les effets dépendent de chaque histoire : une brouille de six mois et une succession bloquée depuis quinze ans ne se traitent pas dans le même temps. Il m’arrive aussi de refuser une demande, quand je considère qu’elle ne relève pas de mon travail ou qu’elle vise à nuire à quelqu’un. Je le dis dès le premier échange plutôt qu’après.
Me joindre
Vous pouvez m’appeler ou m’écrire sur WhatsApp au 06 24 64 37 41, à toute heure, tous les jours de la semaine. Par écrit, mon adresse est [email protected]. Le premier échange est gratuit et ne vous engage à rien : exposez la situation, je vous dis ce que j’en pense et ce qu’il est possible d’entreprendre. Si vous appelez depuis un village où l’on ne parle pas à voix haute, dites-le simplement, je m’adapte.