Deux vallées qui ont déjà changé de métier
Au nord-ouest de Lyon, la route quitte la plaine et entre dans deux vallées étroites. Celle de la Brévenne remonte vers Sain-Bel et Bessenay, celle de l’Azergues vers Lozanne et Chessy. Ce sont d’anciennes vallées de travail : des ateliers au bord de l’eau, des carrières dans le coteau, les mines de cuivre au-dessus de Chessy, l’ancienne mine de Sain-Bel, la pierre extraite du côté de Saint-Germain-Nuelles. Presque tout cela s’est arrêté, et les bourgs sont restés.
Ce qui a suivi, c’est une reconversion lente. Des maisons se sont construites sur les hauteurs, des familles sont venues de l’agglomération, et beaucoup de ceux qui ont grandi ici ont changé de métier une fois, parfois deux. Je ne raconte pas cela pour faire de l’histoire locale. Je le dis parce que les demandes qui viennent de ce secteur en portent la marque : on m’appelle rarement pour une urgence spectaculaire, on m’appelle pour quelque chose qui dure depuis trop longtemps.
Le sentiment d’être arrêté
C’est la phrase qui revient le plus souvent au téléphone : « tout est bloqué ». Un emploi qui ne vient pas alors que les entretiens se passent bien. Un projet de reprise d’activité qui capote au dernier moment, toujours au même endroit du dossier. Une maison qui ne se vend pas, une séparation qui ne se règle jamais, une affaire qui traîne d’année en année sans aboutir.
Ce sentiment est difficile à raconter autour de soi, parce qu’il n’a rien de visible. De l’extérieur, la vie continue : on part le matin, on rentre le soir, on répond que ça va. À l’intérieur, on pousse contre une porte fermée. Quand cela dure des mois, la fatigue s’installe, et avec elle le doute sur soi, qui est souvent le plus lourd à porter.
Ce n’est pas la force qui manque à ces personnes. C’est qu’elles poussent depuis trop longtemps au même endroit.
Sur le plateau et sur les coteaux
Au-dessus des vallées, la vie n’est pas la même qu’au fond. On y est plus au calme, plus au large, et plus dépendant de la voiture pour tout.
- Lentilly et Dommartin : des communes de plateau, largement pavillonnaires, où l’on s’est installé pour la tranquillité et d’où l’on descend chaque matin vers l’ouest lyonnais.
- Savigny et Fleurieux-sur-l’Arbresle : des bourgs de hauteur posés entre les deux vallées, avec des fermes encore en activité à côté des lotissements récents.
- Éveux : le coteau juste au-dessus de la gare de L’Arbresle, quelques minutes de route pour la rejoindre, et tout de suite après la campagne.
- Bessenay : plus haut vers les monts, les vergers sur les pentes, une vie de village où les distances se comptent en quarts d’heure de voiture.
Dans ces communes, ce qui m’est demandé en premier, c’est la discrétion. Tout le monde se croise à l’école, au stade, à la boulangerie. On ne pousse pas la porte d’un praticien à trois rues de chez soi, et on n’a pas envie qu’une voiture stationnée devant une maison fasse parler. Alors on appelle le soir, une fois la maison calme, et on prend rendez-vous à Lyon, où personne ne vous connaît.
Au fond des vallées
En bas, les bourgs sont allongés le long de l’eau, de la route et de la voie ferrée, les uns derrière les autres. Les rues sont serrées, les maisons anciennes, et l’histoire industrielle reste lisible dans le bâti.
- Sain-Bel et Bully : deux bourgs voisins de la Brévenne, marqués par l’ancienne activité minière et par les allées et venues quotidiennes vers l’agglomération.
- Saint-Germain-Nuelles : la pierre et les anciennes carrières dans le coteau, un habitat dispersé entre plusieurs hameaux plutôt qu’un centre unique.
- Chessy : d’anciennes mines au-dessus du village, et une vallée d’Azergues qui commence à s’élargir.
- Lozanne : le nœud du secteur, là où les voies ferrées se séparent, où l’on laisse la voiture et où l’on monte dans le train.
- Civrieux-d’Azergues : le bas de la vallée, déjà tourné vers la Saône et vers l’agglomération, avec des trajets courts et de la circulation.
Le train, et ce qu’il change
Ce secteur a une particularité que peu de campagnes autour de Lyon partagent : on peut y vivre sans voiture, ou presque. Le TER descend la vallée, dessert les gares du fond et met le centre de Lyon à portée. La gare de L’Arbresle sert de repère à tout le monde, y compris à ceux qui n’y habitent pas : on se retrouve à L’Arbresle, on y laisse la voiture, on prend le train.
Beaucoup de personnes de ce secteur viennent au cabinet de Lyon parce que le trajet ne se remarque pas : on prend le même train que d’habitude. D’autres préfèrent que je me déplace, quand la situation concerne la maison, la famille ou le commerce. D’autres encore font tout à distance, par téléphone et par WhatsApp. Les trois fonctionnent aussi bien.
Pourquoi le temps long change la demande
Il y a une différence entre quelqu’un qui m’appelle trois jours après une rupture et quelqu’un qui m’appelle après trois ans d’une affaire qui n’aboutit pas. Le second a eu le temps de s’organiser autour de son blocage : il a pris des habitudes, il a renoncé à des choses, il a fini par se dire que c’était comme ça. Le travail commence souvent par défaire cela, avant même de parler du reste.
C’est aussi pour cette raison que je fais des points réguliers une fois le travail engagé, au lieu de donner un rendez-vous unique et de ne plus donner de nouvelles. Une situation nouée sur des années ne se dénoue pas en un appel, et il faut pouvoir se dire, en cours de route, ce qui a bougé et ce qui n’a pas bougé.
Ce que je regarde en premier
Quand on me décrit un blocage qui dure, je ne commence pas par le travail traditionnel. Je commence par comprendre ce qui bloque et à quel moment cela s’est installé. Six questions reviennent presque toujours.
- Depuis quand exactement : une date, une saison, un événement. Un blocage a presque toujours un début, même quand on ne l’a pas vu passer.
- Ce qui s’est passé juste avant : un deuil, un déménagement, une fin de contrat, une brouille de famille ou de voisinage.
- Où la chose s’arrête : toujours au même point du dossier, toujours avec le même type de personne, toujours à la dernière étape.
- Ce qui a déjà été tenté, et par qui : cela évite de refaire ce qui a échoué, et cela m’apprend beaucoup sur la situation.
- Ce qui tient encore debout autour de vous : un métier, une santé, un entourage. On ne travaille jamais sur du vide.
- Ce que vous attendez vraiment : ce n’est pas toujours ce qui a été annoncé au début de l’appel.
Ce premier échange est gratuit et n’engage à rien. À la fin, je dis ce que j’ai compris, ce qui peut être entrepris et ce qui ne le peut pas. Le tarif est annoncé à ce moment-là, avant tout engagement, jamais après. Et s’il m’apparaît que la demande n’est pas de mon ressort, je le dis franchement : il m’arrive de refuser un travail.
Ce que je renvoie vers d’autres
Une reconversion professionnelle, un dossier administratif, un licenciement, une dette, un conflit qui appelle un avocat : ce sont des sujets qui ont leurs professionnels, et je n’ai pas à prendre leur place. Mon travail porte sur ce qui reste quand les démarches ont été faites correctement et que rien ne bouge quand même : le découragement, la répétition, le sentiment que quelque chose s’oppose. Les délais et les effets dépendent de chaque situation, et je ne donne pas de date.
Me joindre
Je suis joignable au 06 24 64 37 41, par téléphone ou par WhatsApp, 24h/24 et 7j/7, ou par e-mail à [email protected]. Le premier échange sert à exposer la situation et à savoir si je peux quelque chose : il est gratuit et sans engagement. Ensuite, c’est au cabinet de Lyon sur rendez-vous, à domicile si la situation le demande, ou entièrement à distance, selon ce qui vous arrange.